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Trail : trouver la côte la plus dure de votre sortie et ce que ses chiffres racontent

La plus longue, la plus raide, celle qui vous a coûté le plus en fin de course — pas la même montée. Voici comment trier, dans une trace GPX de 30 km avec quatre cols, laquelle vous a vraiment cassé.

7 min de lecture

I.Trois manières d'être « la plus dure »

Une sortie de trail de quatre heures avec quatre cols, et la question qui revient au débrief : laquelle a fait le plus mal ? Sans chiffres précis, la réponse dépend du moment où on demande — au coureur juste après l'arrivée, à ses jambes le lendemain, à ses souvenirs trois semaines plus tard. Trois réponses différentes pour la même sortie.

La raison est simple : « la plus dure » n'est pas une notion unique. Elle recouvre au moins trois critères distincts qui ne désignent pas forcément la même montée :

Selon le critère, vous tomberez sur trois côtes différentes. Sortir les chiffres permet de trancher en connaissance de cause.

II.Repérer les candidats sur le profil d'altitude

Avant d'isoler quoi que ce soit, ouvrir la trace dans un analyseur GPX et regarder le profil d'altitude. Les pics sont évidents : trois ou quatre bosses se détachent sur la silhouette. Trois patterns reviennent souvent :

À ce stade, on ne mesure rien encore. On note simplement : « ces trois ou quatre montées sont mes candidats ».

III.Quatre chiffres qui départagent

Une fois les candidats repérés, c'est le passage aux mesures. Quatre chiffres suffisent à les classer avec finesse — chacun éclaire un coin différent de la difficulté.

La V.A.M. (vitesse ascensionnelle moyenne, en mètres par heure) est la mesure de référence. Elle dit combien de mètres de dénivelé vous avalez en une heure, indépendamment de la distance horizontale. Une côte sur laquelle vous êtes monté à 900 m/h est plus brutale qu'une côte à 700 m/h, peu importe leur longueur respective.

La pente nette (en pourcentage) précise le caractère physique de la côte. À V.A.M. égale, une côte plus raide demande plus de force par foulée et moins de cardio ; une côte plus douce demande plus de durée et plus de cardio. Pas la même fatigue.

La fréquence cardiaque moyenne dit ce que le cœur a réellement encaissé. C'est elle qui révèle l'effet de la fatigue cumulée : une côte modérée en milieu de course peut afficher une FC moyenne plus haute qu'une côte plus dure mais en début, simplement parce que les jambes étaient déjà chaudes et le cœur ne « ralentissait » plus entre les efforts.

La durée sert à pondérer. À V.A.M. et FC similaires, vingt minutes laissent une trace mémoire plus forte que dix.

Pour comprendre ce que chaque mesure dit en détail, voir notre guide des douze mesures.

IV.La méthode pas à pas

Avec les candidats repérés et les chiffres-clés en tête, l'analyse devient mécanique :

  1. Charger votre fichier .gpx dans GPXchunk. Rien n'est envoyé sur un serveur, tout reste dans le navigateur.
  2. Identifier 3 ou 4 candidats sur le profil d'altitude (les bosses visibles).
  3. Pour chaque candidat, poser les deux poignées au début et à la fin de la montée — soit sur le profil, soit en tapant les bornes kilométriques.
  4. Noter les quatre chiffres-clés : V.A.M., pente nette, FC moyenne, durée.
  5. Comparer côte par côte.

L'isolation libre de portions est exactement faite pour ce genre de question — on ne cherche pas à publier un segment, on cherche à comprendre ce qui s'est passé.

V.Un trail de 30 km, quatre montées, et leurs chiffres

Prenons un cas concret. Un trail de 30 km, quatre heures et trente minutes de course, 1 200 mètres de dénivelé positif total répartis sur quatre côtes principales. Une fois isolées dans GPXchunk, elles donnent ceci :

Quelle est la plus dure ? Selon le critère :

La plus longue n'est pas la plus dure. La plus raide non plus. C'est en croisant V.A.M., pente et fréquence cardiaque qu'on tranche.

Lecture finale : B est l'épreuve d'endurance — la plus longue, la plus consommatrice en énergie totale. D est l'épreuve de pic — la plus brutale, la plus exigeante sur les jambes et le cœur dans l'instant. Deux montées qui font mal différemment, et qu'on confondrait sans les chiffres.

VI.Pourquoi noter, sortie après sortie

Faire ce travail de tri une fois est une curiosité. Le faire à chaque sortie devient un outil d'entraînement.

D'abord pour le suivi de progression : la même côte, parcourue à plusieurs semaines d'intervalle, livre une V.A.M. comparable. Si elle monte, vous progressez en efficacité ascensionnelle. Si elle reste stable malgré une FC moyenne qui baisse, votre cardio se fait. Trois sorties comparables suffisent pour voir une tendance.

Ensuite pour la reconnaissance d'une course future : une trace .gpx reçue d'un copain qui a déjà couru le parcours, isolez ses côtes, lisez leurs V.A.M. — vous savez à l'avance laquelle vous explosera, et où économiser. C'est plus précis qu'un commentaire général « ça grimpe sec au km 24 ».

Enfin pour comprendre une mauvaise journée : « j'ai craqué dans la côte D » devient mesurable. FC qui s'envole quinze minutes avant la fin, V.A.M. qui s'écroule sur le second tiers — les chiffres racontent l'histoire que les jambes ont oubliée.

Questions fréquentes

C'est quoi « la côte la plus dure » : la plus longue ou la plus pentue ?
Les deux peuvent être vraies — pour une sortie donnée et un coureur donné. Une côte longue mais peu pentue (10 km à 5 %) casse par accumulation, par durée d'effort. Une côte courte et raide (800 m à 14 %) casse par intensité, par dette en oxygène. La plus dure dépend de ce qui vous a vraiment fait mal : regardez à la fois V.A.M., pente nette ET durée pour trancher.
Pourquoi la pente moyenne ne suffit-elle pas pour comparer deux montées ?
Parce qu'une pente moyenne de 7 % peut cacher deux profils très différents : 7 % réguliers du bas en haut, ou une alternance 4 %–10 % qui force des relances. La pente moyenne lisse. Pour vraiment comparer, ajoutez la V.A.M. (mètres montés par heure) : à pente moyenne égale, la montée la plus dure est celle qui vous a tiré une V.A.M. plus basse — vous y avez moins bien grimpé.
Comment GPXchunk m'aide à trier les côtes d'un trail long ?
En vous laissant isoler chaque montée séparément. Repérez les montées sur le profil topographique, posez deux poignées au pied et au sommet de chacune, notez les chiffres (durée, V.A.M., pente nette, FC moyenne, FC max). Répétez pour les quatre ou cinq montées de la sortie : vous obtenez un tableau comparatif chiffré qui répond à la question « laquelle m'a vraiment cassé ? ».
Existe-t-il une métrique unique pour la difficulté d'une montée ?
Non, et c'est volontaire. La FFA (cotation des cols par la Fédération Française du Cyclotourisme) donne une note de difficulté, mais elle est statique et générique. La V.A.M. mesure votre performance sur la montée, pas la difficulté objective. Le GAP (Grade Adjusted Pace de Strava) normalise l'allure par la pente, utile pour la course. Aucune ne capte la difficulté perçue : c'est pour ça qu'on lit plusieurs chiffres ensemble.

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