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Dénivelé positif d'un GPX : comment il est (vraiment) calculé

Le D+ est la mesure la plus regardée d'une trace — et la plus inconstante d'un outil à l'autre. Voici pourquoi, et comment l'analyser proprement.

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I.Pourquoi le même fichier donne trois D+ différents

Vous chargez la même trace sur Strava, sur Garmin Connect et dans un troisième lecteur GPX. Trois D+ différents. Cent mètres d'écart sur une sortie de trois heures, parfois plus. Lequel croire ? Aucun et tous. Le D+ — le dénivelé positif — n'est pas une donnée écrite dans le fichier : c'est un calcul fait après lecture, et chaque outil le fait à sa manière.

Deux choix, en particulier, expliquent presque tout l'écart entre les chiffres : la source d'altitude que l'outil prend pour vraie, et la manière dont il filtre le bruit de cette altitude avant d'additionner les variations. Aucune des deux décisions n'est documentée par les éditeurs de manière claire — et c'est ce qui rend les conversations de fin de course si pénibles.

II.Ce qu'il y a (et n'y a pas) dans un .gpx

Un fichier GPX, c'est une longue liste de points. Chaque point porte trois informations qui nous intéressent ici : sa position (latitude et longitude), son altitude en mètres, et l'instant exact d'enregistrement. C'est tout. Sur une sortie de trois heures, votre montre a typiquement enregistré un point par seconde — soit dix mille points dans le fichier.

Aucun de ces points ne dit « voici le D+ total ». Aucune ligne du fichier ne le donne. Le D+ est toujours reconstruit après coup, en regardant comment l'altitude évolue d'un point au suivant. Et là, tout dépend d'où vient cette altitude :

Trois sources, trois D+ possibles, et on n'a même pas commencé à parler du calcul.

III.L'algorithme naïf et son piège

L'idée la plus naturelle pour calculer un D+, c'est de parcourir la trace dans l'ordre et, à chaque fois que l'altitude monte d'un point au suivant, d'additionner la différence. Simple, intuitif — et inutilisable.

Le problème, c'est que l'altimètre, on l'a dit, oscille. Même immobile, votre montre enregistre des variations d'un mètre, parfois deux. Sur une sortie de dix mille points, ces micro-oscillations sont innombrables. Et comme on n'additionne que les variations positives, le bruit ne s'annule jamais : il s'accumule. Résultat, le D+ peut être gonflé de cinquante à deux cents pour cent par rapport à la réalité.

C'est exactement ce qui se passait sur les premiers cyclo-GPS des années 2000. Une montée mesurée à 600 m réels affichait 1 100 m. Les forums étaient pleins de gens qui comparaient leurs traces sans arriver à reproduire le même chiffre — c'est le bruit qui parlait, pas la montagne.

IV.La parade : ne plus écouter les murmures

La solution est élégante, et elle tient en une phrase : ne compter une variation d'altitude que si elle dépasse un certain seuil. Tant que le mouvement reste sous ce seuil, on considère que c'est du bruit, et on le jette. Pour qu'une « vraie » montée soit validée, il faut donc que la montre observe un changement franc — pas un frémissement d'un demi-mètre.

GPXchunk applique un seuil de 1 mètre. C'est la valeur que les outils sportifs sérieux convergent à utiliser depuis une dizaine d'années sur des traces baromètre. Trop bas (un demi-mètre), on laisse passer trop de bruit, le D+ reste gonflé. Trop haut (cinq mètres), on rate les vraies relances d'un sentier vallonné, le D+ est sous-estimé. Un mètre, c'est le compromis qui colle le mieux à l'expérience du terrain : on ne mesure plus le tremblement de l'électronique, on mesure le sentier. Le D+ ainsi filtré est l'une des douze mesures qui sortent d'une trace GPX ; les onze autres méritent une lecture aussi soignée.

V.Pourquoi Strava, Garmin et les autres divergent

Avec ce qu'on vient de voir, l'écart entre outils s'explique presque entièrement. Trois choix s'empilent.

  1. La source d'altitude n'est pas la même. Strava remplace souvent l'altitude enregistrée par celle d'une carte topographique. Garmin Connect garde celle du baromètre de votre montre. Sur une grosse sortie, ces deux sources peuvent diverger de cinquante à cent mètres avant même qu'on parle de filtre.
  2. Certains outils lissent la trace avant le calcul. Ils prennent une moyenne sur cinq ou dix points consécutifs avant de regarder les variations. Ça écrase encore plus le bruit, mais aussi les vraies variations rapides — une marche d'escalier en sentier, une courte accélération de pente. GPXchunk ne lisse pas : la trace que vous lisez est exactement celle de votre fichier.
  3. La valeur du seuil change selon les éditeurs. Un mètre, un mètre et demi, deux mètres : chacun défend son chiffre, et le change parfois sans rien annoncer. Les utilisateurs Garmin se souviennent du jour où leur D+ historique a « bougé » de quelques pour-cent en une nuit après une mise à jour de firmware.

Aucune méthode n'est la vraie. Toutes sont des estimations honnêtes du même phénomène. Mais si vous comparez toujours avec le même outil, vos chiffres restent cohérents entre eux — et c'est ce qui compte pour suivre une progression d'une saison à l'autre.

VI.Les cas où la mesure dérape

Il y a quelques situations où, quel que soit l'outil, le D+ ne veut plus rien dire. Bon à savoir avant de comparer trop sérieusement :

VII.Le voir en pratique sur GPXchunk

La force de l'analyse portion par portion apparaît exactement ici. Sur une sortie de quarante kilomètres avec une grosse montée au km 24–28, le D+ total mélange cette montée, des relances vallonnées avant et après, et trois heures de bruit cumulé. Le D+ de la portion isole la variation que vous voulez vraiment lire — et c'est souvent celle qui vous tient à cœur. Le D+ n'est d'ailleurs qu'un des douze chiffres recalculés pour le segment seul.

Trois clics : charger votre fichier (rien ne quitte votre navigateur), poser les poignées sur le profil d'altitude au début et à la fin de la montée, lire le D+ portion. Comparez ensuite avec ce que Strava ou Garmin vous donnent pour la même montée. Souvent, l'écart est faible. Quand il est grand, c'est presque toujours parce que vous ne comparez pas exactement le même morceau de trace.

Questions fréquentes

Pourquoi Strava affiche 800 m de D+ et Garmin 1 050 m sur le même fichier ?
Parce que Garmin Connect réécrit l'altitude via un modèle numérique de terrain (DEM) quand vous synchronisez, alors que Strava conserve l'altitude baromètre de la montre et applique un seuil de bruit de ~3 m. GPXchunk, lui, prend l'altitude telle qu'elle est dans le .gpx et applique un seuil strict de 1 m. Sur 1 000 m de D+ déclaré par votre montre, l'écart entre les trois outils atteint régulièrement 200 à 300 m — sans qu'aucun ne soit "faux".
Quel seuil anti-bruit est le plus juste : 1 m, 3 m, 5 m ?
Aucun n'est universellement juste — chacun fait un compromis différent. 1 m (GPXchunk) capte les petites variations réelles d'un sentier vallonné, mais accepte un peu de bruit GPS. 3 m (Strava) lisse plus, perd les petites bosses mais résiste mieux aux relevés GPS purs (sans baromètre). 5 m+ est trop strict pour du trail vallonné. La règle : comparez toujours deux traces avec le même outil, jamais entre outils.
Le D+ change-t-il selon que ma montre soit baromètre ou GPS seul ?
Oui, et c'est même la première source d'écart. Une montre baromètre (Garmin Fenix, Suunto Vertical, Coros Apex 2…) mesure l'altitude par pression atmosphérique — précision ±1 m. Une montre GPS seul (Apple Watch SE, Garmin entry-level) calcule l'altitude par triangulation satellite — précision ±5 à 10 m, beaucoup plus de bruit. Sur la même sortie, le D+ peut varier de 30 à 40 % entre les deux types.
Pourquoi mon D+ baisse-t-il après synchronisation Strava ?
Parce que Strava applique sa « elevation correction » : il remplace votre altitude par celle d'un modèle de terrain global (généralement plus lissé, donc D+ plus bas). Cette option est activée par défaut pour les comptes premium si l'activité dépasse certains seuils. Vous pouvez la désactiver dans les paramètres d'activité — ou simplement analyser le fichier .gpx d'origine sur GPXchunk pour voir le D+ brut de votre montre.

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